Samedi 6 juin 2009

 

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Robert : Trader dans une banque

Hélène :  Mère au foyer

Scène 1

Hélène enfile une robe pour sortir dîner chez des amis. Robert est assis dans un fauteuil, décontracté et lit le journal en souriant.

 

HELENE.-Se regarde dans une glace. Je n'ai vraiment rien à me mettre. Ce n'est pas possible ! Elle est affreuse, cette robe. J'ai l'air d'une caissière d'intermarché. Tu m 'écoutes ?

 

ROBERT.- Oui ma chérie.

 

HELENE.- Oui, quoi ! Tu trouves que je ressemble à une caissière, c'est ça ! Si j'avais un peu plus d'argent sur mon compte, je pourrai m'acheter de vrais robes, pas des guenilles.

 

ROBERT.- Mais, ma chérie, tu sais bien que tu disposes de tout ce que j'ai.

 

HELENE.- C'est bien ça le problème. On voit vite le fond. Je me demande pourquoi je t'ai épousé. Ton copain, Alain, il se débrouille bien mieux que toi.

 

ROBERT.- Qu'est ce qui te fait dire ça ?

 

HELENE.- Il suffit de regarder leur train de vie. Lise ne s'habille qu'en Chanel. Pourtant, Alain a commencé comme toi et il fait le même métier. Seulement, il y a ceux qui savent prendre des risques et les poules mouillées.

 

ROBERT.- Je suppose que tu me classes dans les poules mouillées ?

 

HELENE.- Quelle perspicacité !

 

ROBERT.-Seulement, Alain ne s'intéresse pas à toi.

 

HELENE.- En minaudant.Détrompes toi, il m'apprécie beaucoup...

 

ROBERT.- AH oui?

 

HELENE.- Mais j'ai toujours refusé ses avances. Je me demande si j'ai bien fait.

 

ROBERT.- Ne répond pas.

 

HELENE.- Tu te fous de ce que je dis !

 

ROBERT.- Mais non. Que veux-tu que je réponde ?

 

HELENE.- Tu pourrais être jaloux. En fait, ça t'es égal, tu ne m'aimes pas.

 

ROBERT.- Mais si.

 

HELENE.- Vexée. Dépêche toi de t'habiller au lieu de rester vautré dans le fauteuil! On va etre en retard.

 


 

ROBERT.- Se levant. Même  en retard, on est toujours en avance chez les Castex. Il commence à mettre un costume. Il a l'air content de lui et sourit.

 

HELENE.- Pourquoi souris-tu tout le temps ? Il n'y a rien qui m'insupporte plus. C'est ce que je déteste de loin chez toi. Tu es toujours content. D'ailleurs ce n'est pas pour rien que tu dis toujours «  ça me va » Ce n'est pas normal. Les gens respectables ont tous des problèmes.  Et plus on a de responsabilité, plus on a de problèmes.

 

ROBERT.- Et comme moi je  dors la nuit sans somnifères, que je me réveille le matin frais comme un gardon et que j'ai le sourire aux lèvres, je suis un irresponsable. Un pauvre type quoi!

 

HELENE.- Je n'ai jamais dis ça !

 

ROBERT.- Non, mais tu le penses si fort.

 

HELENE.-Tu ne sais pas ce que j'endure tous les jours. Dès que j'ai le dos tourné, mes amies se moquent de moi.Je passe pour la femme d'un bienheureux. On m'appelle" Sansblème". Je ne le supporte plus.


ROBERT.- Cà c'est un comble ! Quand on arrive à gérer ses conflits personnels sans en affecter le monde extérieur, lorsque l'on paraît serein et de bonne humeur,

on est jugé comme un bon à rien. Le monde tourne à l'envers !

 

HELENE.- Ce qui compte, ce n'est pas ce que l'on est mais ce que l'on paraît être. L'important, c'est le jugement des autres, comment on est perçu. Et je ne veux pas être cataloguée comme la femme d'un homme simple.

Regarde Alain, il paraît toujours préoccupé, le visage tendu. C'est un être complexe et intelligent. Je t'en prie, ce soir, ne me fais pas honte. Il faut qu'on y aille, on va être très en retard. Dépêche toi d'aller chercher la bouteille de champagne. Je l'ai mise au réfrigérateur. Du Moet et Chandon en promo.

 

ROBERT.-Toujours souriant.Je te trouve très jolie dans cette robe. Il l'embrasse.

 

HELENE.-Le repousse. Arrête, ce n'est pas le moment !

 

ROBERT.- Soupire. Ce n'est jamais le moment.

 

HELENE.- Ce n'est pas de ma faute si ma libido bat de l'aile.

 

ROBERT.- Cela va sans dire, j'en suis le seul responsable. Je vais chercher la bouteille. Il sort.


Scène2


HELENE.-
Ramasse le journal sur le fauteuil et lit distraitement puis s'arrête interloquée.

Elle lit à haute voix. «  Un trader mis en examen pour spéculations financières ayant fait perdre à sa banque trois milliard d'euros. Chute vertigineuse des cours. Le C.A.C 40 dévisse. La crise financière bat son plein. Les marchés ont perdu leurs repères. Dans ce marasme économique, une nouvelle profession voit le jour et tire son épingle de ce jeu spéculatif impitoyable :   « Psychanalyste spécialisé pour traders » Tous ces drogués de « l'effet de levier » arriveront-ils à avaler la pilule de la sécurité ? »

Qui c'est ce trader ? Il faut que je me renseigne. Ils n'ont pas mis le nom. J'espère que ce n'est pas Alain. Non, ce n'est pas son genre . Il est bien trop intelligent. Des petites opérations... Ca passe inaperçu mais au bout du compte, ça rapporte gros. Quand même, il va être obligé de faire très attention. Lise va lui faire une vie d'enfer. Elle n'en a jamais assez. Au moins, avec Robert, je suis tranquille.

C'est un trouillard. Jamais il ne s'éloignerait du droit chemin.

 

Scène 3


ROBERT.-
Revient avec la bouteille de champagne.. Je suis prêt, on y va.

 

HELENE .- Le journal entre les mains. Tu le connais, le trader qui a détourné trois milliards ? Une banque française. Le journaliste n'a donné aucun nom, c'est bizarre.

 

ROBERT .- En effet ! J'essaierai d'en savoir plus Lundi. De toutes façons, qui que ce soit, c'est bien fait pour sa pomme. Ces jeunes coqs, ils se prennent pour des aigles mais il leurs manque l'envergure. A peines ont-ils décollés qu'ils s'écrasent sur le sol. Tu vois, il vaut mieux un mari comme moi. C'est plus sur. Pauvre Alain,

Je  crains fort qu'il ne soit  mêlé à cette magouille.

 

HELENE.- Qu'est-ce qui te fais dire ça ? Ils n'ont cité aucun nom. Tu es au courant, n'est-ce pas ? Tu le savais ! C'est la banque dans laquelle Alain travaille, la C.I.G? c'est ça ? Soudain charmeuse. Tu as raison, tout compte fait, elle me va pas mal cette robe. Elle lui passe les bras autour du cou. C'est dommage que l'on soit déjà en retard. Tu es très sexy dans ton costume.

 

ROBERT.- Qu'est-ce qui te prend, ta libido revient ?

 

HELENE.- Oh! Tu sais, les femmes. Il vaut mieux ne pas chercher à comprendre.


ROBERT .- Tu n'es plus attirée par le genre spéculatif ?

 

HELENE.- Souriant. Je crois que c'est devenu ringard. On tourne la page..

 

ROBERT.- Tu as raison. Surfer sur la vague, c'est bien joli, mais il ne faut pas que l'écume se transforme en bouillon! On ne peut pas gagner à tous les coups! Quand on joue à la roulette russe, il faut savoir qu'un jour ou l'autre, on prend une balle en pleine poire.

 

HELENE.- Pourquoi ne me l'as tu pas dit? Et toi, tu es sûr que tu ne risques rien?

 

ROBERT.- Rassure toi, la C.I.G et ma banque, la B.L.A.T non rien en commun. Je travaille pour un établissement respectable qui ne prend pas de risques inconsidérés. Et cette fois-ci, j'espère que tu vas reconnaître que ça n'a pas que des inconvénients. Peut-être recevrais-je quelques éclaboussures mais sans gravité.

 

HELENE.- Mon chéri, je t'adore! J'ai toujours su que je pouvais avoir confiance en toi. Elle l'embrasse. Je n'ai pas envie d'aller dîner chez les Castex. En plus, je ne sais pas de quoi on va parler. Ils vont faire une tête d'enterrement.

 

 ROBERT.- Je vais leur téléphoner que l'on a eu un empêchement. Je reviens dans une minute. Il sort.

 

Scène 4

Le téléphone portable d'Hélène se met à sonner.

 

HELENE.- Allô, Lise ? Justement, je m'apprêtais à t'appeler . Tu vas bien ? Parfaitement ? Et Alain... En pleine forme . Ah... Il vient de t'offrir un diamant...Non, non, je ne suis pas bizarre. Je suis un peu fatiguée. En fait, je voulais te prévenir que je ne pourrai pas venir dîner ce soir . Oui, je sais, c'est dommage.  J'ai une migraine. Je t 'embrasse. Excuse moi. A bientôt....

 

 

 

Texte partiel. Si vous désirez le texte intégral pour le lire ou le mettre en scène

 

Adressez votre demande à sophieaguille@yahoo.fr en précisant votre nom et

 

votre adresse.

Par sophie aguillé - Publié dans : sketchs - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Mardi 24 mars 2009

 

Pierre arriva au siège de l’association, 37 bld Brune. C’était un immeuble Haussmannien de quatre étages dont l’entrée était signalée par une imposante porte sculptée de couleur verte. Il chercha le nom de l’association sur les plaques de cuivre fixées au mur de pierres de taille. Julie lui avait dit qu’elle s’appelait « Solidarité pour le Darfour » Il ne trouva aucun nom semblable. Il y avait un cabinet médical, et un office notarial. L’immeuble d’ailleurs n’était pas du style à héberger une association sans moyens financiers. Pierre comprit que Julie lui avait raconté des histoires.

Une sourde colère monta en lui. Elle était donc partie car elle ne le supportait plus. C’était la seule raison et elle n’avait pas eu le courage de le lui dire !

Ah ! Elle n’allait pas s’en tirer comme çà. Il allait la retrouver et elle reviendrait avec lui. De toutes façons, elle n’avait pas le choix. Il se mit à arpenter rageusement le trottoir, et entra dans le premier bistrot qui se présenta sur son chemin. Il était 12 heures et il comptait déjeuner. Il s’assit à une table retirée au fond de l’établissement. Pierre était passé très vite de l’adolescent à l’homme. Dès qu’il avait pu, il avait quitté la maison familiale où il ne se sentait pas à sa place et avait galéré de petits boulots en petits boulots. Sans aptitude particulière pour les études, il avait arrêté sa scolarité à seize ans avec un certificat d’étude en poche.

Habile de ses mains, il arrivait toujours à trouver du travail mais les dures conditions de vie l’avaient vieilli prématurément. L’alcool avait fait le reste. Aussi paraissait-il avoir plus de trente ans. Des rides profondes s’étaient creusées à la commissure des lèvres, qui  lui donnaient un air triste. Son front qu’il avait large, lui aussi était tourmenté par d’épais sillons .Tout observateur pouvait aisément constater que son vécu avait fortement malmené son corps. Ses cheveux blonds en bataille, et son visage plutôt rond, adoucissaient cependant ses traits. Et ses yeux verts olive, semblaient dire, que la vie ne pourrait pas toujours être ingrate envers lui. Lui aussi, avait droit à sa part de bonheur.

Pierre commanda un whisky et un sandwich crudité jambon.

La salle était presque déserte. Seuls, quelques habitués prenaient une consommation au bar en regardant la télévision. Pierre commença à manger en levant la tête pour voir l’écran. C’était les informations .Il regardait d’un œil distrait quand soudain, il vit en plein écran la tête de Julie blessée et inconsciente. Le présentateur faisait un appel à toute personne connaissant cette jeune femme ; tous ses documents personnels ayant été détruits dans l’accident.

Pierre se leva d’un bond. Il nota le numéro de téléphone qui s’affichait au bas de l’écran, paya sa note et sorti précipitamment

Julie avait eu un accident de voiture ! Mais elle était vivante. Elle avait été transportée à l’hôpital de Toulon pour être opérée. Pierre était effondré mais en même temps, il ressentait une certaine satisfaction. Julie avait été punie par le destin pour avoir voulu l’abandonner. Maintenant, elle ne pourrait plus se passer de lui. Il allait la rejoindre et elle lui raconterait tout, même ce qu’elle ne lui avait jamais confié, même ses secrets les plus inavouables. Maintenant, c’était lui le plus fort. Pierre ressenti un grand bien être envahir son corps.

Il pris le chemin du retour pour rentrer chez lui et préparer ses affaires pour partir plusieurs jours. Il y avait un train pour Toulon le lendemain à 8 heures qui arrivait à 16 heures. Ainsi, il pourrait voir Julie avant l’heure de fin des visites.

Dans quel état allait-il la trouver ? Et comment avait-elle pu avoir cet accident, elle, d’habitude si prudente ? Pierre se demanda tout à coup si Julie n’était pas menacée. Il connaissait si peu de chose sur elle. Peut-être avait-elle une double vie ? Qu’allait-il trouver à Toulon ?

Pierre se coucha tôt et eut un sommeil agité.

Le lendemain, il était dans le train de huit heures l’amenant à Toulon.

Par sophie aguillé - Publié dans : roman - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Mercredi 7 janvier 2009

       

                                                   2009

 

 

 

         2009
 Quoi de neuf
 Que reste-il de 69
 Un billet de cinq cent neuf
Qui brûle et indispose
Le monde qui s'agite, n'ose...

       2009
 Quoi de neuf
 Les langues claquent

 Et l’or clique
 Claque et clique

 C’est politique, égocentrique, monétique, catastrophique, frigorifique...


       2009
Pas de panique
Un poussin sort de l’œuf

Tout neuf

Claque et clique
C’est magique, poétique, féerique, écologique, humoristique...


       2009
C’est magnifique !

Par sophie aguillé - Publié dans : poesies - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Jeudi 2 octobre 2008

 

Maxime Feck dirigeait le département de génétique moléculaire au C.N.R.S  de Gif sur yvette. Grand, la chevelure noire, épaisse, grisonnant sur les tempes, le regard aigu et froid surmonté de sourcils impeccablement taillés en accent circonflexe, il était de ceux que l'on écoute et que l'on ne contredit pas. Et aujourd'hui, plus que d'habitude, Maxime Feck n'était pas d'humeur à plaisanter. La contrariété se lisait aisément sur son visage ou plutôt sur son œil droit, qui, à intervalle régulier, se contractait et entraînait avec lui, la joue et l'oreille vers le haut. Ce phénomène récurrent, était bien connu de ses collaborateurs, qui, à sa vue, savaient à quoi s'en tenir sur l'état d'esprit de leur patron.

 

Maxime Feck fulminait. Il venait d'apprendre de sa collaboratrice la plus proche qu'elle donnait sa démission.

 

Maxime Feck dirigeait l'unité depuis dix ans. Il était respecté pour ses connaissances mais sa façon de gérer l'unité était controversée.  On lui reprochait notamment deux ou trois projets qui avaient engloutis beaucoup d'argent en pure perte. Les études avaient été abandonnées ou n'étaient pas abouties et il était impossible de savoir où en étaient les recherches. Le professeur Feck ne laissait à personne l'accès à ses dossiers. Sauf à sa collaboratrice qui était aussi sa maîtresse attitrée depuis 10 ans. Elle se nommait Julie PAGES. Il l'avait rencontrée à un séminaire de génétique moléculaire et la beauté, l'assurance, et l'intelligence de la jeune femme chercheur l'avaient immédiatement conquis. Il était tombé amoureux. Il savait qu'il paierait une telle faiblesse un jour mais il avait passé outre. Ses sens commandaient à sa raison. Julie s'était laissée séduire. Maxime était un bel homme. Alors pourquoi pas. Elle aurait ainsi un poste dans le domaine qui la passionnait ; la génétique moléculaire et en particulier le clonage  à visée thérapeutique. Pouvoir reconstituer les tissus lésés par une maladie ou un accident en greffant des cellules génétiquement identiques à celles du malade. Aucun rejet de greffe par conséquent et une formidable chance de guérir des maladies dégénératives du cerveau telles que Alzheimer, Parkinson, les maladies de peau, les cancers.... L'enjeu était énorme. Un espoir inespéré pour tous les malades atteints de maladies incurables. Julie voulait trouver. Elle avait trop souffert de voir sa mère mourir d'un cancer du sein dépisté tardivement. Les chimiothérapies n'avaient servies qu'à l'épuiser et n'avaient pas empêcher les métastases d'envahir tout son corps mutilé par l'ablation d'un sein. Son bras droit, suite au curetage des ganglions axillaires avait doublé de volume. Diagnostic des médecins : lymphangite. Réaction très courante après une telle opération ! Prescription de drainages lymphatiques. Julie voulait être à la pointe des découvertes dans ce domaine. Mais elle savait que ce serait long et difficile. Le clonage thérapeutique était à ses balbutiements et se heurtait à de gros problèmes d'éthique. En effet la technique consistait à prélever sur le sujet malade une cellule adulte différenciée et d'en injecter le noyau débarrassé de son cytoplasme dans un ovocyte humain dont on avait retiré le noyau. Il fallait ensuite provoquer la division cellulaire par stimulation jusqu'au stade blastocyste (4 à 5 divisions) pour obtenir des cellules totipotentes c'est-à-dire capables de fabriquer n'importe quel tissu humain. Mais ensuite résidait toute la difficulté. Trier les cellules en fonction de leur différenciation pour pouvoir les greffer au bon endroit et surtout ne pas introduire dans le corps des cellules anormales et cancéreuses. Les équipes du monde entier se penchaient sur le sujet mais jusqu'à présent aucune n'était arrivée à entretenir une lignée de cellules monoclonales. De nombreux pays et en particulier la France n'étaient pas favorables à de telles recherches de manipulation du génome humain. De plus, il fallait des femmes volontaires donneuses d'ovocytes non fécondés et l'on pouvait imaginer les dérives possibles. Cependant, aucun décret d'interdiction n'avait encore été ratifié.

 Maxime Feck comptait bien profiter du flou juridique en la matière pour mener à bien ses expériences. Il aviserait ensuite et si la France ne lui permettait pas de continuer ses recherches, il était prêt à partir dans un pays plus permissif.

Il confia la responsabilité de l'unité 1232 à Julie. Elle avait conscience de la lourde responsabilité qui pesait sur ses épaules, mais elle aimait cela. Se lancer des défis, c'était ce qui lui permettait de se lever le matin toujours de bonne humeur. Et puis, elle voulait prouver à la terre entière qu'elle en était capable. Trop souvent, dans son enfance, on lui avait répété que son obstination et son franc parlé ne la conduirait nulle part.

En prenant son poste, elle avait signé un contrat qui lui interdisait formellement de divulguer quelque information que ce soit concernant les recherches à un tiers extérieur à l'unité.

Et Maxime Feck, n'était pas homme à plaisanter. Elle avait donc pris l'habitude de ne jamais parler de son travail. Ses amis savaient qu'elle travaillait au C.N.R.S, c'est tout.

Pendant huit années Julie chercha comment activer l'ovocyte pour que le noyau injecté se divise puis comment réussir à obtenir une lignée cellulaire suffisamment différenciée pour in vitro pouvoir reconstituer un tissu afin de pouvoir le greffer sur le donneur malade. Elle ne compta pas ses heures et sa persévérance était à toutes épreuves, Enfin, elle vit le bout du tunnel, un certain jour de printemps. La réussite était à portée de main. Sa joie explosa et ce jour là, elle quitta précipitamment le laboratoire vers deux heures de l'après-midi. Elle voulait aller à Paris, elle voulait marcher et faire les boutiques.  Elle était tellement heureuse ! C'est alors qu'elle bouscula un jeune homme qui sortait du métro. Il avait l'air perdu, malheureux. Elle eu envie de lui insuffler un peu de son bonheur. Il était tout le contraire de Maxime, si sûr de lui, si intransigeant et si froid. Ce jeune homme s'appelait Pierre mais son prénom ne lui allait pas. Maxime aurait dû s'appeler Pierre et vice et versa.

Julie eu envie de commencer quelque chose avec Pierre. Elle ne savait pas où cela la conduirait mais elle voulait essayer de vivre sa vie comme bon lui semblait. Elle avait maintenant la preuve de ses compétences. Elle décida donc de vivre avec Pierre qui était tout de suite tombé amoureux d'elle. Pierre lui confia ses secrets. Mais Julie avait l'habitude de tout garder pour elle. Un de plus ou de moins ! Elle aida Pierre à garder la tête hors de l'eau.

Cependant, Pierre reprochait à Julie de ne pas se confier comme il l'avait fait, lui. Il disait que c'était un manque de confiance et d'amour. Pierre ne savait presque rien de Julie.

La découverte de Julie avait fait la une de tous les journaux. Cependant, ce n'était pas son nom qui avait été mis en avant mais bien celui de Maxime Feck. Julie ne lui avait pas pardonné ce manque d'égard à son encontre. Maxime n'avait rien fait. De plus, cela faisait maintenant un an qu'il passait ses journées dans son bureau à lire et une bonne partie de la nuit dans une pièce du laboratoire qui lui était réservée et dont l'entrée était interdite. Même Julie n'en avait pas l'accès. Il était devenu irritable et anxieux. Il prétextait qu'il avait signé un contrat avec une firme américaine qui synthétisait un substrat permettant aux cellules de se multiplier plus rapidement et qu'il devait tester ce produit seul, dans le plus grand secret. C'était difficile. Ses recherches n'avançaient pas comme il le souhaitait et il avait une pression énorme sur le dos. Il avait reçu un gros chèque mais avait déjà tout consommé. Cependant, ses explications ne satisfaisaient pas Julie. Elle sentait que Maxime lui cachait quelque chose. Il n'avait même plus envie d'elle. Lui, qui d'habitude en demandait toujours plus, avec son appétit sexuel insatiable.

Elle décida donc de pénétrer à son insu dans son laboratoire, un soir ou il était parti en congrès en Belgique. Il était minuit trente. Elle avait prétexté auprès de ses collègues qu'elle partirait plus tard. Elle voulait rattraper le retard. Ayant attendu le départ de tous les employés, elle regarda sa montre qui marquait 23 heures. Longeant les murs de l'unité, elle descendit au sous sol en faisant bien attention de ne pas être vue. Après avoir parcouru un dédale de couloirs, elle arriva enfin devant une porte peinte en gris sur laquelle aucune inscription n'était visible. Le cœur battant à tout rompre, elle introduisit la clef. Elle avait fait un moulage de l'original qu'elle avait subtilisée un court instant à Maxime, profitant de sa vigilance défaillante, un jour où il avait un peu trop bu. Par miracle, la porte s'ouvrit sans effort. Elle pénétra dans la pièce et alluma la lumière. Un laboratoire comme les autres à première vue. De nombreuses boites de cultures cellulaires étaient répertoriées avec des numéros à six chiffres. Elle voulait trouver le produit si secret que Maxime devait tester pour augmenter l'efficacité des divisions cellulaires et la survie des cellules. Elle fouilla dans tous les dossiers minutieusement mais ne trouva rien. Cela n'était pas normal. Si Maxime cachait le dossier, cela signifiait que l'affaire était plus que douteuse. Elle voulait en avoir le cœur net. En inspectant la pièce de fond en comble, elle découvrit soudain sous une paillasse un petit tiroir mais celui-ci était fermé à clef. Voilà pourquoi il y avait une petite clef associée à celle de la porte. Par chance, Julie en avait aussi fait un double. Elle ouvrit le tiroir avec précaution .Un gros dossier se trouvait à l'intérieur. Julie avait peur de ce qu'elle allait trouver. Elle défit lentement le nœud qui reliait la chemise cartonnée et l'ouvrit. Ses yeux se posèrent sur un contrat établit entre la société GENTRELAB et le Professeur Maxime Feck.

Elle commença à lire et rapidement son sang se glaça. Il était question d'une substance H3204T qui injectée dans le cytoplasme de cellules embryonnaires humaines, était capable de modifier la durée de vie des cellules en ralentissant de manière très nette leur vieillissement. La jeunesse éternelle, en quelque sorte. Mais le taux de cancérisation était très élevé : 30% Ce qui voulait dire qu'un tissu ainsi constitué et greffé allait évolué en cancer pour une personne sur trois. Maxime dans ses recherches, ne devait absolument pas parler des effets cancérigènes. Ceux-ci, ne seraient visibles que tardivement et quand la population se rendrait compte  des effets secondaires, il serait impossible de prouver que l'effet cancérigène était du aux cellules greffées. Même si cela était prouvé, ce ne serait que des années plus tard et la Firme se serait déjà enrichie au-delà de ses espérances. La formidable découverte qui allait permettre au monde de rester jeune ne souffrait aucune barrière. L'enjeu était immense et les appétits financiers voraces. La société GENTRELAB tenait à s'accaparer le gâteau. Et Maxime avait signé ! Pourquoi ? Maxime était un flambeur. Il jouait et perdait très souvent et il avait des dettes à la pelle. Il avait signé pour dix millions d'euros.

Julie referma vivement la chemise et la remit dans le tiroir qu'elle ferma à clef.

Elle sortit de la salle, referma la porte à double tour et retourna au premier étage où se trouvait son bureau. Sa décision était prise. Il n'était pas question de rester une minute de plus au service d'un homme sans scrupules.

Il avait profité de sa découverte à elle pour entreprendre ce projet criminel et persuader la firme américaine qu'il était capable de mener les recherches jusqu'au terme .Mais cela n'allait pas se passer comme ça. Elle ne le laisserait pas faire. Cependant,  il fallait être prudente. Maxime ne devait pas se rendre compte qu'elle avait découvert son monstrueux projet. Il fallait qu'elle quitte l'unité au plus vite pour ne pas être mêlée à ce complot. Elle décida de dire qu'elle voulait démissionner par dépit. La recherche ne lui apportait pas l'épanouissement personnel qu'elle espérait. C'était un travail ingrat, difficile et elle n'avait pas suffisamment de retour sur investissement. Elle dirait à Maxime qu'elle voulait s'occuper de personnes en difficulté, avoir des rapports humains plus étroits avec le monde. Elle voulait partir à l'étranger avec une mission humanitaire, au Darfour, par exemple. Ils avaient tellement besoin d'aide.

 

**********************

 

Maxime après avoir eu une discussion très animée avec Julie qui lui avait annoncée son départ, était donc de très mauvaise humeur. Cela contrecarrait ses projets et de plus, il fallait qu'il l'a remplace. Julie en savait trop. Il ne pouvait pas prendre le risque de la laisser partir. Peut-être se doutait elle de quelque chose.

Julie était si perspicace. Il fallait qu'il la fasse suivre. Elle n'était pas libre comme elle le croyait ! Il saurait à tout moment où elle se trouverait et ce qu'elle ferait.

 

Par Sophie Aguillé - Publié dans : roman - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Jeudi 21 août 2008

                                               

 

                                               

 

  L'infirmière, Rose, qui s'occupait de Julie, avait prévenue la jeune femme qu'elle avait survécu à un terrible accident de voiture. Elle la considérait comme une miraculée. C'était extraordinaire. Julie observait Rose pendant qu'elle lui parlait. Rose faisait partie de ses jeunes filles tout juste sorties de l'école et pleines d'enthousiasme. De grosses boucles blondes rebelles s'échappant  de ses cheveux relevés lui caressaient doucement ses jolies joues. Menue, petite, elle dégageait une indéniable joie de vivre et Julie voyait pétiller ses yeux lorsqu'elle parlait. Rose avait la difficile tache d'informer Julie de son amnésie et pire encore de lui annoncer que pour l'instant elle n'avait pas d'identité ; ses papiers ayant brûlés dans l'explosion qui avait suivit l'accident. En attendant que sa famille la reconnaisse et se manifeste auprès de la police, Rose demanda à Julie si elle pouvait l'appeler Claire. C'était le prénom qui lui était venu instantanément à l'esprit en découvrant ses yeux  d'un si joli bleu, limpide comme de l'eau claire. Rose pensait que Claire devait avoir une trentaine d'années.

Elle ne pouvait connaître la couleur de ses cheveux en raison de l'énorme bandage. De toutes façon, ils avaient été rasés pour l'opération. Julie, un des bras immobilisé par la perfusion fit signe à Rose qu'elle acceptait.

Julie ressentait un grand vide dans sa tête. Elle essaya de parler mais ne put émettre aucun son.

Elle souleva son buste pour se lever mais sa tête retomba lourdement sur son oreiller. Elle était épuisée. Chaque geste lui demandait un effort intense. Mais le plus terrible, c'était l'absence totale de souvenirs. Un grand trou noir. Tout lui était étranger. Elle avait l'impression de venir au monde comme un bébé sort du ventre de sa mère ! Elle fut prise d'une terrible angoisse. Qui était- elle ? Pourquoi cet accident ? Chez qui se rendait-elle en voiture et pourquoi avoir roulé si longtemps sans s'arrêter ?

**************

Après être sortie du commissariat, Nathalie se rendit aussitôt à l'hôpital. Elle demanda la chambre de Julie Pages mais la standardiste lui répondit qu'il n'y avait pas ce nom sur la liste. Nathalie s'énerva. « C'est la jeune femme qui a fait la une des journaux, vous savez...l'accident de voiture. Elle s'appelle Julie Pages et je suis son amie. Je veux la voir.

La standardiste regarda Nathalie droit dans les yeux en la dévisageant avec curiosité.

« Je ne pouvais pas savoir...Personne ne connaît son nom ici. Julie...Oui, pourquoi pas !

Chambre 32 au premier étage, deuxième porte à gauche. Vous ne pouvez pas vous tromper.

En arrivant devant la porte, Nathalie sentit ses mains devenir moites. Julie allait-elle la reconnaître ? L'infirmière présente dans la chambre lui permit de rester une demi-heure, pas plus, Julie étant encore très faible. Nathalie s'approcha avec anxiété du lit et s'immobilisa en constatant que son amie ne la reconnaissait pas. Elle la regardait comme une étrangère, c'était insupportable. Pourtant, c'était bien Julie. Elle l'aurait reconnue même si son visage avait été gravement blessé. Mais la lumière de ses yeux n'avait plus le même éclat. Comme si un autre être avait habité le corps de son amie. Nathalie se sentit chanceler quand elle entendit Julie d'une voix transformée, à peine audible prononcer « Bonjour Madame »Elle dû s'asseoir sur une chaise pour ne pas perdre l'équilibre. Une colère mal contenue fit trembler ses lèvres. Comment cet accident était-il arrivé ! L'inspecteur ne lui avait rien dit. Nathalie connaissait Julie. Elle ne se serait pas endormie au volant. Ce n'était pas son genre. Elle aurait dormi une ou deux heures avant de repartir. La voiture avait déviée sur le coté gauche, lui avait relaté l'inspecteur, et pris un camion en pleine face. Nathalie se rappela que Julie emportait toujours avec elle une thermos de café qui lui permettait de rester éveillée quand elle était fatiguée. Ah, son café ! C'était sacré pour Julie. Elle l'achetait toujours au « Palais du café », une boutique de torréfaction inégalée parait-il dans toute la région et se le faisait livré à domicile.

Nathalie se souvenait du jour où Julie, en panne de café, avait été obligée de l'acheter dans un autre magasin. Cela l'avait mise de mauvaise humeur pendant deux jours.

Nathalie s'approcha de Julie et lui expliqua qu'elle était son amie. Dès qu'elle irait mieux, Nathalie l'installerait dans son appartement. Elle supplia Julie de faire un effort pour se rappeler son visage. Julie ne pouvait pas avoir tout oublier, c'était impossible ! Des bribes de souvenirs allaient bientôt réapparaître, elle en était sûre. On ne pouvait effacer ainsi vingt-cinq ans d'amitié.

La demi-heure de visite étant écoulée, l'infirmière fit signe à Nathalie de laisser la jeune femme se reposer. Après avoir embrassé son amie, Nathalie quitta l'hôpital en ayant toutefois remarqué que toutes les entrées étaient bien gardées. Son instinct sonnait l'alarme. Elle eu l'impression désagréable que Julie était en danger, mais après réflexion, elle se dit qu'il n'y avait pas de raison. Elle s'inquiétait toujours pour rien. Elle démarra sa voiture et rentra chez elle.

Après son départ, Julie ferma les yeux et pleura jusqu'à ce que le sommeil l'emporte. Elle se mit à rêver.Un rêve étrange. Elle marchait dans une forêt qui semblait impénétrable mais au fur et à mesure de ses pas, les branches s'écartaient et se refermaient sur son passage. Elle ne savait où elle allait, mais elle avançait avec assurance comme si elle suivait un invisible guide. Au bout d'un moment, elle parvint à l'orée d'une clairière dans laquelle se trouvait assis un vieil homme. Celui-ci lui ordonna de s'asseoir à coté de lui. Il lui posa ses mains à plat sur la tête et subitement, elle eut une sensation étrange, une vision fugace. Un choc terrible, des hallucinations, une douleur atroce dans la tête et une image nette, précise. Celle d'un pompiste qui remplissait son réservoir  d'essence. Les cheveux noirs, frisés, les yeux glacials  et un sourire carnassier qui la dévisageait avec méchanceté. Elle connaissait ce visage mais elle n'arrivait pas à se rappeler l'endroit où elle l'avait vu. Puis, les images se brouillèrent et elle se réveilla en hurlant. L'infirmière arriva en courant el lui donna un calmant en constatant son agitation. Julie se rendormit jusqu'au lendemain matin.

 

 

 

 


 

 

 

 

 

Par Sophie Aguillé - Publié dans : roman - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Samedi 9 août 2008

                                                       LE CASTING

 

 

 

 

2 femmes

Une jeune femme A est assise et attend. Timide. Porte une jupe sage et chemisier col claudine. Peignée avec une queue de cheval. Une femme B plus âgée arrive l’air désinvolte, très sûre d’elle. Jupe sexy très courte et bas résilles. Très maquillée. Chevelure exubérante. Elle porte une sacoche et mâche quelque chose. Elle voit A et va s’asseoir à côté.

 

B.- Bonjour

 

A.- Bonjour.

 

B.- Ca fait longtemps que vous attendez ?

 

A.- Oh oui ! Je devais passer à 15 h et il est déjà 16 h. J’espère qu’ils ne m’ont pas oublié.

 

A.- Ma p’tite, si vous en avez déjà marre, vaut mieux repartir chez vous. Moi, j’attends depuis ce matin.

 

B.- Ce matin ! Oh là là. Je savais qu’il y avait beaucoup de monde mais à ce point là !

 

A.- Ils ont déjà vu 12583 candidates et pour l’instant, 10 seulement ont été retenues.

 

B.- Vraiment ! Vous avez déjà fait des castings ?

 

A.- Bien sûr, C’est mon 120 eme. Mais on ne peut pas dire que ce soit un succès. Je n’ai jamais été prise. J’ai quelque chose de spéciale. Je n’suis pas dans la norme. Ca les énerve.

 

B.- Vous ne vous découragez jamais ?

 

A.- Dans ce métier, faut avoir du caractère, faut s’imposer, sinon, c’n’est pas la peine.

 

B.- Il paraît que ça doit durer 2 minutes. J’espère que je vais tenir le coup. Je me suis entraînée dans  ma salle de bain. Mais en vrai, c’est autre chose. Pour moi, c’est la première fois.

 

A.- Figurez-vous que je me suis déjà présentée à ce casting  mais ça a foiré au bout d’une minute. Comme je suis sûre de mes atouts, je me suis réinscrite avec un autre nom. J’ai trouvé un truc infaillible !

 

B.- Evidemment, ce n’est pas la peine de vous demander ce que c’est !

 

A.- Vous ne devinez pas ? Approchez vous de moi, vous allez trouver ! Elle souffle au visage de B qui reste impassible.

 

B.- Non, je ne vois pas.

 

A.- Comment ! C’est incroyable ! Approchez vous plus près…vous sentez ?

 

B.- Non, j’ai le nez bouché.

 

A.- S’énerve. Faîtes un effort. Je sens l’ail, je pue l’ail. Vous n’allez pas me dire que ça ne vous fait rien !

 

B.- Non, absolument rien. Mais pourquoi vous vous énervez comme ça ! Moi, ça m’est égal mais le jury ne va peut-être pas aimer. C’est quoi le but ?

 

A.- C’est très simple. La première fois, j’ai abandonnée au bout d’une minute. Aujourd’hui, je vais faire 2 minutes 30 sans problème, je suis une championne d’apnée.

 

B.- Je comprends rien. Mais dites donc, si c’est la deuxième fois, vous connaissez  le partenaire.

 

A.- C’est bien ça le problème !

 

B.- Pourquoi, il est laid ?

 

A.- Non, je dirais même que c’est un bel homme. Seulement, il pue terriblement de la bouche. Il ne s’en rend pas compte parce qu’il n’a pas de papilles gustatives. Il parait que c’est une maladie. Et comme c’est une grosse vedette, personne n’ose lui dire. Sa partenaire dans le film  « Je ne suis pas une putain » refuse de l’embrasser en prétextant que son mari est jaloux. Alors, ils cherchent à la doubler, juste pour le baiser. Il doit durer deux minutes. Aucune fille ne résiste. La plus vaillante a tenue 1 mn 40 et puis elle s’est évanouie. La production ramasse les candidates à la petite cuillère. Deux minutes, çà peut être court ou très long. Tout dépend des circonstances !

 

B.- Vous en savez des choses ! Ou avez-vous appris tout ça ?

 

A.- Oh ! J’ai flirté avec le cameraman.

 

B.- Et l’ail, ça va vous aider à quoi ?

 

A.- A résister.

 

B.- A quoi ?

 

A.- Vous êtes bouché ou quoi ! Je viens de vous dire que le type qui embrasse à une haleine de cachalot. L’ail va m’aider à contrer son odeur.

 

B.-Ah d’accord ! Guérir le mal par le mal. Rire de B. C’est complètement idiot votre truc. Vous auriez dû choisir la menthe, c’est fort et c’est plus agréable. De toutes façons, moi, je n’en ai pas besoin. Comme vous le dîtes, je suis bouchée ! Je ne sens rien du tout. Je suis sûre que je vais gagner !

 

A.-Vous plaisantez ! Dès le premier coup d’œil, ils vont vous éliminer. Vous avez vu votre look ! Laissez moi rire.  

 

B.- Qu’est ce qu’il a mon look, il est aussi bien que le votre. De toutes façons, c’est un doublage, ils ne cadrent que la bouche. Vous ne trouvez pas que j’ai une jolie bouche. Tiens, je crois que c’est à mon tour… A tout à l’heure. B s’en va

 

 

Texte partiel . Si vous êtes intéressé par le texte intégral, veuillez m'envoyer un mail à :
sophieaguille@yahoo.fr
 

 

 

Par Sophie Aguillé - Publié dans : sketchs
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Jeudi 26 juin 2008

 

Nathalie avait attendu Julie toute la nuit. Elles s’étaient appelées vers 21 heures et Julie, de sa voiture, lui avait assuré qu’elle arriverait dans une petite heure, que tout allait bien. Cependant, Nathalie avait perçu la fatigue dans la voix de son amie. A une heure du matin, sans nouvelles, elle l’avait rappelé sur son téléphone portable mais sans succès. Très inquiète, Nathalie était sûre qu’il lui était  arrivé quelque chose. Julie avait demandé à Nathalie de l’héberger provisoirement. C’était urgent. Sans lui expliquer clairement, elle lui avait fait comprendre qu’elle se sentait menacée. Pourquoi ce départ précipité ? Toutes deux étaient amies depuis longtemps. Elles avaient effectué leur scolarité ensemble, de la maternelle jusqu'à la fac de médecine de Paris V et avaient toutes deux été reçues avec mention bien. Mais Julie s’était orientée vers la recherche alors que Nathalie avait ouvert un cabinet de généraliste à Toulon.

Ses parents étaient de la région et le soleil lui manquait. Bien qu’éloignées l’une de l’autre, elles n’avaient jamais perdu le contact et se téléphonaient régulièrement. Pourtant, elles se disputaient souvent, ayant des caractères diamétralement opposés. Nathalie avait tendance à laisser les évènements venir et ne cherchait pas à s’y soustraire. Julie quant à elle, se frayait un chemin, coûte que coûte, fût-il rocailleux et plein d’épines. Elle ne supportait pas d’être spectatrice. Elle se devait d’agir. Nathalie admirait sa force et sa détermination. Aussi, devinait-elle, qu’un évènement d’importance majeure, poussait Julie à traverser toute la France, pour se cacher chez elle.

Julie lui avait parlé de Pierre. Elle lui avait dit qu’elle en était amoureuse, qu’il l’attirait terriblement bien qu’elle eu conscience qu’il n’était pas fait pour elle. Pierre avait souffert dans son enfance, il avait du mal à se reconstruire. Il était dépressif et s’adonnait facilement à la boisson. Cela le rendait parfois violent et de plus en plus souvent, il la frappait sans raison. Nathalie l’avait encouragée à le quitter mais Julie affirmait que sans elle, il ferait des bêtises. Elle se sentait responsable de lui. Quelle stupidité ! S’il ne pouvait s’assumer lui-même, personne ne pouvait le faire à sa place. C’était comme vouloir faire tenir une marionnette debout en ayant coupé les fils qui la retenaient. Mais Julie était ainsi et Nathalie savait bien qu’il était inutile d’essayer de la raisonner.

Nathalie, les yeux gonflés de fatigue regarda sa montre. Il était six heures du matin. Maintenant, elle était certaine que quelque chose de grave s’était passé. Il fallait appeler la police.

Elle se fit rapidement un café fort et attendant qu’il passe, alluma distraitement la télévision.

Elle buvait son café chaud à petites gorgées quand elle entendit soudain le présentateur parler d’un terrible accident sur la nationale. Une jeune femme avec une wolswagen bleue s’était encastrée sous un camion la veille vers 23 heures. Elle avait été transportée d’urgence à l’Hôpital de Toulon où ses jours ne semblaient plus en danger malgré un sérieux traumatisme crânien. L’identité de la jeune femme ne pouvait être révélée car ses papiers avaient brulés dans l’explosion qui avait suivie. Le présentateur appelait toute personne la connaissant à venir faire une déclaration au commissariat de police de Toulon. Un reportage suivait. Nathalie, immobilisé, s’était arrêté de boire, la tasse de café au bord des lèvres. L’image sur l’écran montra soudain le visage de Julie ensanglanté et inconsciente. Son cœur se mit à battre. Ses mains devinrent moites et elle se mit à trembler. Le café se renversa sur le canapé blanc et goutta sur le tapis. Elle resta ainsi immobile plusieurs minutes puis lentement, décrocha le téléphone et appela la police…

Oui, elle reconnaissait formellement Julie sur les photos. Elle voulait la voir immédiatement. Le policier qui lui répondit la convoqua au commissariat et lui précisa que l’accès à l’Hôpital lui serait interdit tant qu’elle n’aurait pas répondu à toutes leurs questions.

Nathalie était au commissariat depuis trois heures. Une heure et demi d’attente avant de la recevoir et une heure et demi d’interrogatoire.

Résignée, elle répétait à l’inspecteur Legrand ce qu’elle avait déjà dit à son adjudant,  une heure avant. Son amie s’appelait Julie Pages, était née le 4 Décembre 1970, habitait en région parisienne, à Juvisy sur orge. C’était son amie d’enfance et Julie était partie à Toulon pour la voir. L’inspecteur assis en face d’elle, l’écoutait calmement. Il savait qu’elle disait la vérité grâce au petit carnet d’adresse que la police avait retrouvée dans la voiture, mais il ne mentionna pas cet élément. Il voulait voir si Nathalie n’allait pas lui apprendre des faits nouveaux.

Il était en fin de carrière et son instinct était infaillible. Il sentait qu’il y avait anguille sous roche. Son téléphone portable sonna. Il répondit avec agacement, il n’aimait pas être dérangé pendant les interrogatoires. Nathalie vit son visage exprimé la surprise, mais il se contrôla très vite et repris son air renfrogné. Il ne fallait surtout pas qu’il laisse filtrer ses sentiments. Un visage de marbre, c’était cela sa force. Son adjudant avait découvert sous le siège passager avant de la voiture de Julie, une thermos remplie de café. Bien sûr, on l’avait fait analyser. Résultat : forte dose de Valium. L’accident était prémédité. C’était  un meurtre. L’assassin avait réussi son coup en quelque sorte puisque Julie avait perdu la mémoire.  On venait  en effet de lui annoncer que Julie avait été opérée avec succès mais qu’elle était amnésique. Il fit signe à Nathalie que l’interrogatoire était terminé et qu’elle pouvait rentrer chez elle à condition de rester à la disposition de la police. Il la rappellerait plus tard. Maintenant, il était urgent de protéger Julie. L’assassin savait par les médias qu’elle était vivante mais ignorait son état et il ne manquerait pas d’essayer de la supprimer une deuxième fois. Il ne fallait pas lui apprendre que la jeune femme était amnésique. L’attirer à Toulon et le coincer, voilà comment il fallait procéder ! Mais c’était très risqué. La vie de Julie était en jeu.

Il allait poster ses gars discrètement dans l’hôpital pour la protéger. Qui avait intérêt à ce que cette jeune femme disparaisse ? L’enquête s’avérait difficile mais il en avait vu d’autres. Il se frotta les mains de satisfaction. Enfin, une affaire qui allait le sortir de la routine habituelle. Pas question de la transmettre à la criminelle, pas encore. Il allait garder les informations pour lui et ainsi, aurait une longueur d’avance.

Cela leur apprendrait à le sous-estimer. Il allait montrer à tous ces incapables de quel bois il se chauffait.

Après avoir reconduit Nathalie, il s’assit dans son large fauteuil en cuir et les pieds sur le bureau, le sourire aux lèvres, il s’alluma un cigare qu’il fuma avec délectation.

 

Par Sophie Aguillé - Publié dans : roman - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Jeudi 19 juin 2008

 

 

Pierre s’était levé avec détermination. Avalant avec avidité un bol de café et deux tartines beurrées, il avait ensuite pris une douche tiède. Les deux  jours d’abrutissement passés à se lamenter avaient sali son corps et son esprit. Il était temps de laver à grande eau sa peau moite et ses idées noires. La douceur de l’eau savonneuse ruisselant sur son corps lui fit du bien. Ses muscles se détendirent. Il redressa son dos et déploya sa taille en étirant ses bras vers le haut. Un bâillement lui échappa. Il commençait à ressentir la fatigue de ses deux nuits sans sommeil. Passant sa main dans ses cheveux en bataille, il se surprit à sourire.

Il était serein. Il allait montrer à Julie qu’elle n’avait pas perdu son temps auprès de lui. Elle n’allait pas être déçue. Tout ce qu’elle lui avait patiemment enseigné, la confiance en soi, la détermination et la satisfaction du travail accompli. Le maître serait fier de l’élève et peut-être celui-ci le dépasserait-il. La tâche l’attendait …Il ne fallait pas la faire attendre.

Après s’être soigneusement rasé, Pierre enfila un pantalon de flanelle gris et une chemisette bleu ciel. Jetant rapidement un coup d’œil dans la glace, l’image qu’il perçu sembla le satisfaire.

Il ne savait pas où elle était partie, mais il mènerait l’enquête et il trouverait. Il avait le temps.

Il allait tisser sa toile lentement mais avec soin et un jour où l’autre, Julie allait forcément être prise au piège.

Elle avait dit qu’elle partait au Darfour avec une association humanitaire pour soigner les femmes agressées et violées, les fillettes mutilées. Médecin de formation, elle voulait se rendre utile. Cependant, il pensait que sa motivation première n’était pas uniquement des scrupules de privilégiée occidentale, mais une relation sentimentale avec un des membres du groupe. Il comptait donc se rendre au siège de l’association, 37 bld Brune à Paris.

Il regarda sa montre qui indiquait 9 heures. Julie était partie depuis trois jours. Il était temps qu’il se remue. Il prit l’ascenseur et sorti de l’immeuble d’un pas décidé en direction du R.E.R C pour Paris, en jetant un dernier regard sur l’appartement qu’il laissait derrière lui. Loué avec Julie deux ans plus tôt. Pas le grand confort, une chambre et un séjour avec vue sur la voie ferrée. Dès cinq heures du matin, le bruit des trains était insupportable. Mais, ils n’avaient pas eu le choix. Seule, Julie travaillait. Lui, était une charge supplémentaire. Il ne pouvait se permettre d’être difficile. Et pourtant, il se souvenait de lui avoir reprocher le manque d’espace et le bruit. Il n’avait pas été à la hauteur et il savait en son fort intérieur, qu’elle n’avait pas tous les torts. Il devait la retrouver, lui parler, essayer de lui montrer qu’il était capable de changer, que tout était encore possible. Son départ précipité avait pour lui été comme un électrochoc. Brusquement, il réalisait qu’il était en train de la perdre et la léthargie n’était pas la voie à suivre.

Il s’assit dans un coin du train, dans le sens de la marche, près de la fenêtre. La ligne s’arrêtait à toutes les stations, il venait de rater la précédente, directe pour Paris. Il se mit à regarder les maisons le long de la voie ferrée. C’était un défilement de baraques ouvrières, plus moches les unes que les autres, espacées par des terrains vagues, qui servaient la plupart du temps de déchetteries. Il n’avait jamais pu s’habituer à cette laideur et cette promiscuité.

En apercevant un enfant jouant sur le perron de sa maison qui regardait passer le train, il se mit à penser à son enfance.

Son père, Jacques, riche industriel avait profité de la mondialisation pour développer des usines de textiles  en Inde où la main d’œuvre était bon marché. Il avait été l’un des premiers à oser partir explorer des pays dans lesquels la culture était si différente de la notre. On l’avait traité de fou, d’inconscient mais il avait tenu bon et s’était souvent félicité d’avoir persévéré envers et contre tout .Et cela n’avait pas été facile. Absent de longs mois pour prospecter, Jacques avait laissé sa femme souvent seule  pour élever leur enfant et assumer la vie de tous les jours. Pierre se souvenait de cette période avec précision. Ils habitaient alors un appartement en province à Tours dans le centre ville, pas très grand mais confortable et très clair. Ses parents étaient mariés depuis cinq ans et il venait juste de fêter ses quatre ans. A la fin du dîner, son père avait annoncé qu’il allait partir plusieurs mois en Inde. C’était indispensable, il ne pouvait plus végéter ainsi. Le poste de sous-directeur ne lui convenait plus et il n’était pas d’accord avec la politique commerciale du PDG, trop molle à son goût.

Sa mère avait mal prit la nouvelle. Se retrouver seule ne l’enchantait guère. Et cet enfant qu’ils essayaient en vain de faire ? Si Jacques s’absentait si souvent, comment pourraient-ils l’avoir ?

Pierre se  souvenait d’avoir reçu cette nouvelle avec satisfaction et d’avoir savouré  la joie d’avoir sa mère pour lui tout seul. La perspective d’une naissance ne lui convenait pas du tout. Il ne voulait pas partager avec qui que ce soit l’amour que lui prodiguait sa mère et le bonheur de vivre a coté d’elle.

En effet, dès que son père revenait, Pierre passait au second plan. Il ne pouvait plus dormir dans le  lit maternel et cette exclusion était ressentie comme un vol d’amour. Un sentiment de jalousie l’envahissait. Et les petits cris qu’il entendait la nuit, ajoutaient encore à la rancœur qu’il nourrissait envers son père. Pour rien au monde, il n’aurait voulu que l’on fasse de mal à sa maman et  il se revoyait, les pieds nus , en pyjama, devant la porte fermée de leur chambre, immobile, impuissant, n’osant braver l’interdiction d’entrer. Malgré son désir farouche de porter secours à sa mère,  il n’avait jamais franchit le seuil de son intimité. Et le matin,  la contemplant, souriante et détendue, comme si rien ne s’était passé, comme s’il avait rêvé, il se taisait.

Au bout de quelques temps, la famille avait déménagé. Les affaires de Jacques étaient florissantes et ils purent acheter une belle maison bourgeoise en pierres de taille avenue de Grammont dans  le centre de Tours. Pierre esquissa un sourire en se rappelant la joie de sa mère, découvrant les hauts murs ornés de plafonds richement travaillés de motifs élégants et champêtres. Les pièces vastes, les larges couloirs et les cheminées de marbre blancs l’émerveillaient. Quant à lui, il fut tout de suite séduit par le jardin où il trouvait d’innombrables cachettes dans lesquelles il pouvait disparaître pendant des heures et rêver de tout son saoul sans être dérangé.

Le temps s’écoulait avec ses joies et ses peines mais ils étaient heureux. Puis, un jour de novembre, gris et pluvieux, la mère de Pierre vint l’embrasser le soir avant qu’il ne s’endorme et s’attarda sur le bord de son lit en lui prenant la main comme lorsqu’il était petit. Une inquiétude soudaine l’avait envahi car ce n’était pas habituel. C’était important, Pierre l’avait compris à la gravité de ses yeux et à la douceur de sa voix.

-         « Pierre, lui avait-elle dit, ton père et moi, nous ne pouvons avoir d’enfant et nous n’en avons jamais eu. Tu n’es pas notre fils. Nous t’avons adopté quand tu avais trois mois. Je tenais à ce que tu le saches maintenant que tu es grand »

Sans dire un mot, les yeux fixés sur sa bouche qui articulait des sons qu’il ne voulait pas entendre, Pierre avait cru mourir. Hébété, perdu, sentant un torrent de larmes inonder son visage et son cou, il avait ressenti une douleur atroce, un poignard acéré qui transperçait son cœur. Sa mère, a qui il vouait un amour exclusif, sa mère, n’était pas sa mère et ne le lui avait jamais dit. Il était trahi.

Il comprenait subitement pourquoi elle désirait tellement un enfant. Lui, il n’était qu’un palliatif, servant uniquement de stockage à ses sentiments maternels afin de les entretenir pour qu’ils puissent briller le moment venu.

Sa mère essaya de le persuader qu’elle l’aimait, mais depuis ce jour, Pierre s’était méfié d’elle et  avait senti  naître une jalousie envers un être qui n’existait pas mais qui était bien là, tellement présent, qu’il alourdissait l’atmosphère encore plus que s’il était vivant.

Comprenant son chagrin, ses parents avaient évité de parler de leurs préoccupations devant lui, mais il surprenait souvent leur conversation.

Alors, lorsque sa mère tomba enceinte un beau jour d’avril, elle ne le mit pas au courant .Mais il comprit à sa gaîté inhabituelle qu’un évènement inespéré était arrivé. Et la seule chose qui pouvait la mettre dans cet état, c’était un enfant.

Pierre avait quatorze ans et besoin d’amour. Mais plus personne ne voulait lui en donner.

Jour après jour, il s’était renfermé sur lui-même, et plus le ventre de sa mère s’arrondissait, plus il avait envie de disparaître. Elle ne le regardait plus mais passait des heures à parler à son bébé en caressant son abdomen qui  paraissait monstrueux à l’adolescent qu’il était. Elle qui était si jolie, si mince, maintenant était devenue difforme.

Insidieusement, elle lui demanda d’accomplir toutes les taches ménagères sous prétexte qu’elle était fatiguée et devait faire attention .Pourtant, avant, elle ne se plaignait jamais et avait une endurance à toute épreuve. Mais voilà, elle avait peur pour le bébé ! De plus en plus souvent, Pierre eu droit aux remontrances et aux punitions et, pour un oui, pour un non, il recevait des corrections. C’était elle qui les ordonnait et son père qui les exécutaient. Puis, le bébé est arrivé et le drame qui s’ensuivit.

Pierre fut tiré de sa douloureuse rêverie par la voix dans le haut- parleur qui annonçait la station Saint-michel où il devait descendre. Il sortit de la rame de métro et se retrouva sur les trottoirs de Paris.

 

 

Par fisoag - Publié dans : roman - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Jeudi 12 juin 2008

 

                 

 

 

Julie avait annoncé à Pierre qu’elle le quittait. Ce mot avait été très difficile à dire. Depuis de nombreux jours, elle réfléchissait aux conséquences qu’une telle décision allait entraîner.

Mais, elle n’avait pas le choix. Pierre devenait trop dépendant d’elle. Il ne vivait qu’en elle et pour elle. Comme une plante trop souple qui ne peut se développer sans un tuteur pour la soutenir. Elle n’en pouvait plus. Elle aussi avait besoin de réconfort. Quelqu’un de plus fort, qui pouvait recevoir ses doutes et ses faiblesses. Un homme, dans les bras duquel  son corps pourrait se blottir et s’abandonner.

Cependant, elle savait que Pierre n’accepterait pas la séparation. C’était très dangereux .Le risque était grand, mais il était impossible de continuer à vivre ainsi.

Elle avait échafaudé dans sa tête deux hypothèses.

Soit Pierre refuserait de se remettre en question et tournerait sa colère contre elle, soit il  lutterait et se libérerait de ses chaînes. Il savait qu’elle ne parlerait pas. S’il tentait de la tuer, cela signifiait qu’il abdiquait, et se suiciderait après. Elle espérait qu’il choisirait la deuxième solution.

Mais, n’étant sûre de rien, elle avait pris ses dispositions.

 

Après avoir quitté l’appartement en emportant une simple valise, Julie était partie au volant de sa petite wolswagen bleu marine en direction de Toulon où son amie Nathalie avait acceptée de la loger provisoirement. Elle n’avait laissé d’adresse à personne. Attachée de recherche au C.N.R.S, elle avait donné sa démission en prétextant ne plus vouloir travailler en laboratoire. Partir en mission humanitaire à travers le monde pour servir la cause des plus démunis, était devenu son cheval de bataille. Elle avait expliqué à son patron, qu’elle s’était réveillée un matin avec cette évidence qui ne lui laissait pas l’ombre d’un doute. L’urgence était là bas, pas à compter des œufs d’insectes sous le microscope pour savoir si telle femelle était plus fertile que telle autre. Tout le monde l’avait crue. Julie n’était pas le genre de fille à raconter des histoires.

 

Pierre allait suivre sa trace. Elle ne pouvait se permettre de négligences.

 

Les mains accrochées au volant, Julie commençait à sentir la fatigue l’envahir. Cela faisait huit heures qu’elle roulait maintenant. La nuit était tombée déjà depuis un bon moment et les phares des voitures qui la croisaient l’éblouissaient de plus en plus. Elle maudissait cette myopie qui s’était accentuée brutalement. L’oculiste n’avait pas voulu lui donner de rendez-vous avant trois mois. Planning surchargé. Elle aurait dû demander à être vue en urgence.

Il fallait qu’elle s’arrête. Sa tête bourdonnait et une douleur violente, lancinante lui frappait le front gauche et descendait sur l’œil.

Mais Pierre … Il ne devait pas la retrouver. Il avait déjà tué. Il pouvait recommencer, elle en était certaine.

Toulon n’était plus qu’à une heure de route. Encore un petit effort. Sa vie était en jeu !

Jetant un coup d’œil sur la jauge de son réservoir d’essence, elle comprit que de toutes façons, elle n’avait pas le choix. Sa voiture avait besoin de toute urgence, du précieux carburant.

Elle en profiterait pour boire une tasse de café de sa thermos qu’elle emmenait toujours avec elle et prendre en même temps son comprimé contre la migraine. Ainsi, elle resterait éveillée jusqu'à destination.

 

Une demi heure après avoir repris sa route, elle  vit le camion foncer sur elle. Enorme, monstrueux, avec ses phares gigantesques qui l’éblouissaient…

En une fraction de seconde, elle compris que sa voiture allait s’encastrer dessous et qu’elle allait mourir. Elle n’eut pas le temps d’avoir peur .Un bruit lugubre de tôles entrechoquées déchira la nuit…

 

La police avait trouvé son sac à main à moitié calciné. Ne restaient  que deux photos, miraculeusement indemnes de ce carnage ; celle d’une petite fille souriant sur la plage et une autre d’un homme. Une quarantaine d’années, le regard sombre, la bouche triste et qui semblait fixer l’infini.

Son passeport quant à lui était complètement détruit. De son carnet d’adresse, seules quelques pages étaient encore intactes. On pouvait notamment lire la moitié d’une adresse soulignée au crayon à papier : Nathalie B, 3 square L…on T.ul..

 

Julie avait été amenée par les pompiers à l’hôpital le plus proche, celui de Toulon.

On avait d’abord cru qu’elle était morte. Mais, contre toute attente, son cœur continuait de battre. Extrait par l’équipe de secours, de la carcasse de sa voiture, encastrée sous le camion, le corps de la jeune femme était miraculeusement sorti indemne de l’accident. Du moins en apparence.

Protégée de l’écrasement grâce à son airbag, seule sa tête avait souffert. Son bras droit était légèrement brûlé mais surtout, s’écoulait un filet de sang de son oreille gauche. Hémorragie cérébrale.

Plongée dans un coma profond, elle avait été opérée d’urgence dans le service des polytraumatisés.

Le chirurgien de garde qui ce soir là s’était occupé d’elle avait dû travailler douze heures.

Douze heures sur la table d’opération à lutter contre cette hémorragie qui comprimait le cerveau et perturbait ses fonctions vitales. Il voulait de toutes ses forces que cette jeune femme vive. Son visage dégageait trop de détermination, trop d’énergie, pour abandonner la partie. Il allait l’aider du mieux qu’il pourrait, même si la fatigue l’envahissait, même si la contracture musculaire qu’il ressentait au niveau des épaules lui obligeait à serrer les lèvres pour ne pas crier. Plié au dessus de la tête de Julie, il sentait la sueur couler le long de son masque, gagner le cou, puis inonder sa tunique.

Il avait peur…Peur de son impuissance à la sauver. Il savait que s’il échouait cette nuit, il arrêterait définitivement d’opérer. Voir les gens mourir et  ne pouvoir les sauver lui était devenu insupportable.

L’opération prenait fin. Julien regarda sa montre, abruti de fatigue et d’angoisse. Elle était rentrée à minuit et il était midi ! Maintenant qu’il avait terminé et qu’il ne pouvait plus rien pour elle, il se permit de poser son regard sur son visage. Il en aimait la forme, ovale, douce mais sans mollesse, avec un nez fin et une bouche sensuelle et volontaire. Il avait envie d’en connaître plus. Elle était belle et se dégageait d’elle une surprenante force qui lui donnait envie de pénétrer dans ses pensées, de se lover dans son intimité, d’être acteur de sa renaissance. Une angoisse soudaine lui assécha la gorge. Dans quel état la trouverait-il à son réveil ? Il savait que pour elle, rien ne serait comme avant.

Elle avait survécu à l’opération. Mais une petite partie du cerveau avait été touchée. Le lobe occipital du cerveau gauche dans lequel la mémoire visuelle se construit avait été lésé. Heureusement,  le cortex profond et la partie limbique étaient intacts. Cela signifiait une amnésie rétrograde (perte de ses souvenirs acquis avant l’accident) et non antérograde (elle pourrait en construire de nouveaux.)

Après avoir conduit Julie en salle de réveil, Julien sorti de l’Hôpital non sans avoir salué la nouvelle équipe du matin. Il démarra sa BMW cabriolet de sa place réservée et comme le temps était clément en ce début de printemps, il replia le toit décapotable et prit la direction du centre de Toulon .L’air frais fouettant son visage lui fit du bien. Il décida de ne pas rentrer tout de suite chez lui et de faire un tour sur le bord de mer. Il gara sa voiture et entrepris de marcher sur la plage. Midi sonnait à l’horloge de l’église, les passants rentraient pour déjeuner et il se retrouva seul.

Enlevant ses chaussures, il posa ses pieds nus dans les galets devenus brûlant sous la chaleur du soleil. Il aimait cette sensation, à la limite du supportable. Cet instant, ce point d’équilibre précaire entre le bien-être et la souffrance. Se tenir tout près de ce qui fait mal pour en avoir conscience mais ne pas y tomber !

En marchant sur la grève, un sentiment de liberté l’envahit. Pourquoi revenir chez lui, retrouver son quotidien, ses habitudes et ses ennuis. Pourquoi subir toutes ses contraintes.

Mais il était un homme responsable. Sa femme, Louise, était jolie, et  maîtresse de maison accomplie. De dix ans plus jeune que lui, elle consacrait sa vie à son mari et à ses deux fils âgés de 5 et 7 ans. Il n’avait rien à lui reprocher et c’est bien cela qui clochait. Elle était trop parfaite, et ses trop nombreuses qualités lui rappelaient sans cesse ses insuffisances à lui. Cela l’exaspérait et il s’en voulait d’en être irrité. Manque d’humilité, un défaut de plus.

Pourtant, c’était lui qui était sous le feu des projecteurs. Chirurgien reconnu, il avait droit à tous les honneurs et sa réputation dépassait les frontières de la France .Il aurait pu en être satisfait, imbu de lui. Mais non, il ne le pouvait pas. Le grand chirurgien, Julien PARIS n’arrivait pas à s’accomplir en tant qu’homme. Il ne réussissait pas à combler sa femme.

Ejaculation précoce …et stérilité. Des années de traitement sans succès. Il avait tout essayé. Même la psychothérapie. Alors que ses mains accomplissaient des miracles et sauvaient des êtres, son sexe était incapable de donner la vie. Paradoxe insupportable ! Tous ceux qui l’admiraient, ne pouvaient savoir à quel point il se sentait indigne et ne pouvaient imaginer la souffrance qu’il endurait. Les enfants avaient été adoptés en désespoir de cause.

Julien pourtant, se rappelait l’époque ou, jeune homme, il courrait de succès en succès.

Il revoyait avec une étonnante précision sa dernière aventure. L’étudiante qu’il avait ramenée dans sa chambre, un soir d’été où la chaleur était écrasante. Logeant alors sous les toits, Boulevard Saint Germain, tous deux avaient monté l’escalier de cinq étages quatre à quatre et fait l’amour derrière la porte, par terre, ne pouvant attendre plus longtemps. Il sentit une bouffée de chaleur l’envahir en pensant à ses exploits d’alors. Cette nuit là, il avait battu son record. Oui, six fois de suite, ce n’était pas si mal. Pavoisant comme un jeune coq, ne se doutant pas une seconde que la puissance du jeune mâle allait brusquement se tarir. C’était arrivé si vite…

Par fisoag - Publié dans : roman - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Jeudi 12 juin 2008
                                     


 

 

Le jour commençait à filtrer à travers les volets clos. Il devait faire beau dehors. Les minces fentes du bois laissaient passer des rayons de lumière vive qui se diffractaient à travers les infimes particules de poussière en suspension qui apparaissaient ainsi par milliers.

Etonnant, comme un simple rayon lumineux pouvait révéler l’invisible matière.

Tout dépendait de l’orientation des rayons et de l’angle de vue. La vision des choses était en fait très subjective. Et sa vie, à lui, n’échappait pas à la règle.

Etendu sur le lit, les jambes au dessus du drap défait, Pierre regardait danser les particules dans le faisceau  doré. Il n’avait pas dormi. Pourtant, il s’était couché tard. Mais cette nuit, comme les deux précédentes, ne lui avaient pas laissé de repos.

Il refusait à s’avouer vaincu, à abandonner. Pourtant, il aurait en effet été facile de se saouler ou bien de se droguer, mais cela n’aurait rien résolu. Pierre savait qu’il ne pouvait se le permettre. Après sa cure de désintoxication, le médecin lui avait bien dit : « Plus une goutte d’alcool sinon… »

Ne pas craquer…. Pourtant, sa tête allait exploser. Il sentait un grand vide, là, près de l’estomac. Un vide vertigineux qui l’attirait vers le fond. Un gouffre. Et lui, se trouvait sur le bord, le corps arque bouté en arrière et résistant de toutes ses forces pour ne pas tomber. Ne pas tomber !

La bouteille, elle, était là. Bien pleine, belle, comme une femme qui vous aguiche et qui fait des manières. Elle le provoquait. Pierre n’osait s’attarder sur elle. Ne pas la regarder. Non, surtout, ne pas la regarder. C’était une empoisonneuse, une fille de joie qui n’en valait pas la peine. Il l’avait posé très loin, de façon à ne pouvoir l’atteindre de la main. Elle trônait au dessus de l’armoire, face à lui, tout en haut. Pourrait-il sortir vainqueur de l’épreuve ?

Il était étendu, en sueur, abruti de fatigue et de désespoir, immobile et seuls ses yeux brillants dans  l’obscurité de la chambre ne laissaient aucun doute sur la vie qui l’habitait. Dans le noir depuis deux jours. Sans manger et sans boire, luttant désespérément contre cette terrible angoisse, ce sentiment de mort, de désastre qui l’avait envahit quand elle avait prononcé avec un air triste que démentait la lueur joyeuse de ses yeux « je te quitte »

Julie…Elle allait se donner à un autre. Ce que lui n’avait jamais pu avoir, ce qu’elle refusait de lui offrir, l’autre en serait gratifié tous les jours. Le don de soi, l’amour …

Et pourtant, lui, Pierre, avait donné sa vie à Julie, mais ce n’était sans doute pas suffisant.

Depuis leur rencontre dans le métro alors qu’il sortait de sa cure et qu’il avait failli la faire tomber en la bousculant, depuis qu’il avait croisé ses beaux yeux clairs, si clairs qu’il s’y serait noyé.

Il avait arrêté de boire. Elle lui avait dit qu’il fallait, qu’il devait croire en lui, qu’elle l’aiderait mais qu’il devait se prendre en mains et ne pas se laisser aller. Il s’était confié. Il lui avait raconté son histoire. Et pourtant, jamais, il n’aurait cru en être capable.

Maintenant, sa vie était entre ses mains. Elle savait…Elle savait qu’un jour de Décembre, il avait accompli une chose inimaginable, monstrueuse, si terrible que rien que d’y penser, le cœur lui manquait.

Un jour de Décembre, alors qu’il venait d’avoir quinze ans, un jour où, au lieu de cadeaux, il avait encore reçu des coups. Lui, l’enfant adopté par un couple bien pensant et à l’aise dans la vie mais tourmenté par un désir d’enfantement non assouvi. Lui, qui avait vécu heureux, choyé et aimé. Enfin, le pensait t’il, jusqu’au jour où, celle qui se disait sa mère avait réussit au bout de quinze ans à avoir un enfant. Le miracle s’était produit au moment où on ne l’attendait plus. Quoi de plus beau que ce petit bébé, ce cadeau tombé du ciel. Pierre était si content de ce petit frère ! Ses parents l’avaient appelé Lucas car cela voulait dire lumière.

Quand il ouvrait les yeux, Pierre voyait danser des milliers de particules lumineuses. Son regard …Un feu d’artifice dans un océan de tendresse.

Mais Lucas avait pris la place de Pierre. Lucas, c’était leur enfant, celui voulu depuis toujours. Pierre n’existait plus sauf pour servir de défouloir, de rebut, pour recevoir les coups et les mauvais traitements, tous les sentiments inavouables dont on veut se débarrasser. Pierre n’avait plus sa place dans le cœur de ses parents.

Alors, sa joie envers son frère s’était transformée en un immense sentiment de haine, de dégoût. Lucas, ce petit être si fragile et en même temps si puissant, Lucas source de son malheur devait disparaître.

Ce soir là, quand tout le monde dormait, Pierre était entré dans la chambre de son frère et avait posé un oreiller sur sa tête. Il n’avait pas appuyé très fort. Juste un petit peu. Un bébé, c’est si fragile…

Ensuite, il était allé se recoucher.

Le lendemain matin, ses parents horrifiés avaient découvert le bébé inanimé dans son lit. L’enquête avait conclu à la mort  subite du nourrisson.

Pierre n’avait jamais été inquiété. N’était-il pas incapable de faire de mal à une mouche ?

Ses parents, effondrés, lui avaient redonné un peu d’affection et avaient cessé de le frapper. Mais depuis, il vivait avec un couteau planté dans le cœur.

 

Pierre s’était confié à Julie….Mais pourquoi cette irrémédiable faiblesse. L’amour, bien sûr.

Qu’allait-il devenir, elle seule savait…Il était un criminel. Si elle parlait, il était fichu.

Oui, il l’aimait. Mais elle l’avait trahi. Soigne t-on un oiseau blessé pour lui casser les ailes lorsqu’il peut à nouveau voler ? C’était pire que de le laisser mourir. L’indifférence fait mal, mais détruire un être après lui avoir redonné l’espoir de vivre…

Car c’était bien de cela dont il s’agissait. Julie, sa petite Julie, avait fait de lui sa chose. Et elle croyait qu’elle pouvait le jeter quand elle n’en aurait plus envie ! Un simple jouet.

C’était trop facile. Pierre n’était pas méchant, mais l’humiliation était la seule blessure qu’il ne supportait plus. Un plat trop souvent servi. Un goût trop connu. On pourrait dire un dégoût.

Elle ne pouvait pas partir. Elle allait comprendre, il en était sur… Ses yeux étaient si clairs.

 

Pierre tourna sa tête lentement vers la bouteille au dessus de l’armoire. Pourquoi luttait-il ainsi contre le plaisir. Elle voulait partir. Elle s’en foutait qu’il crève. Se laisser aller…Encore une fois…

 Le liquide bienfaisant inonda son être et un bonheur intense le submergea. Il s’assit sur le lit quelques instants. Puis, très vite, son esprit devint limpide, son corps léger. Mue par une détermination soudaine, il se leva.

Il n’avait plus une minute à perdre, son avenir était entre ses mains.

 

 

                                 
Par Sophie Aguillé - Publié dans : roman - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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